Voilà enfin le système d'exploitation qui a donné la fièvre à la planète geek, j'ai nommé Google Chrome OS ! Pour ma part j'ai testé "Chromium", la version open-source.
La célèbre firme qu'on ne présente plus a savamment entretenu le buzz d'un nouveau système d'exploitation censé révolutionner le monde de l'informatique des dix prochaines années... Alors qu'en est-il de ce fameux "operating system" comme on dirait dans la langue de Shakespeare ? Hé bien tout d'abord il faut présenter le concept même de Chrome OS.
UN OS DANS LES NUAGES
Chrome OS est le "premier" système d'exploitation dans les nuages à être massivement distribué. Qu'est-ce que cela signifie au juste ? Hé bien depuis des années vous pouvez trouver sur le Net des OS qui utilisent le "cloud computing", c'est-à-dire que vous retrouvez votre bon vieux bureau virtuel avec vos documents directement dans la fenêtre de votre navigateur. Plus besoin de disque dur, puisque vous disposez d'un espace de stockage pour travailler en ligne partout dans le monde. Autant le dire clairement, Google est loin d'avoir inventé le concept (nous y reviendrons).
Le but affiché par la firme est de pouvoir faire du navigateur le coeur d'un (rapide) système d'exploitation. Fini les antivirus et autres firewall qui ralentissent votre machine au démarrage, il s'agit ici de gagner du temps, et de rendre opérationnel votre ordinateur en dix secondes (chez moi en tout cas le pari est rempli). Vous vous identifiez avec votre compte gMail, puis vous accédez à tous les services habituels que l'on peut trouver online : YouTube, Google Docs, iReader, Wave... que des sites situés sur le réseau des réseaux puisque Google considère que le grand public passe plus de temps sur Internet que dans le panneau de configuration de Windows XP (désolé, je me suis arrêté à XP...).
"Mais que se passe-t-il en cas de coupure Internet ou pire, de crash du disque dur ?" s'exclame la foule, affolée. Pas de panique, vous avez la possibilité de restaurer votre session perdue : les données que vous tapez sont stockées dans un serveur, et lorsque vous vous reconnectez il est possible de tout récupérer. Enfin presque tout : effectivement quand le document est correctement enregistré il n'y a pas de problème, mais si vous avez une coupure inopinée et que votre dernière sauvegarde remonte à Mathusalem, n'espérez pas de miracle.
Alors cet OS est-il le système d'exploitation absolu qui va écrabouiller Windows Seven ? C'est là que les choses se gâtent...
UNE PHILOSOPHIE CONTESTABLE
Google Chrome sur le papier, c'est beau, terriblement vingt-et-unième siècle. Vous vous rendez compte, un OS en ligne qui héberge toutes vos données sans avoir besoin d'un énorme disque dur, n'est-ce pas merveilleux ?
Pas vraiment.
Une autre firme avait rêvé des années en arrière de s'occuper de la maintenance de votre ordinateur, de TOUS les ordinateurs. Son nom : Microsoft, avec son célèbre Palladium. Google OS sonne le glas de l'informatique telle qu'on la connaît, libre. Comme tout passera par le Net, vous n'aurez plus besoin de rien installer sur votre bécanne, qui sera une sorte de terminale comme l'était autrefois le Minitel. Vous aurez accès à une infinité de programmes et autres extensions à installer, mais en contre-partie vous ne serez plus propriétaire de rien (en dehors de la chose en plastique qui ornera votre bureau) puisque vous ne ferez qu'utiliser des services qu'on voudra bien vous licencier. Ca laisse présager des innovations merveilleuses (plus besoin d'avoir une bécanne de malade pour les jeux, une connexion Internet et hop ! à vous les merveilleux graphismes) mais aussi de véritables cauchemars : comme vous ne passez que par des sites Internet votre ordinateur offline n'est plus qu'une boite vide...
UNE NOUVEAUTE QUI N'EN N'EST PAS VRAIMENT UNE
Quand on a gouté à de magnifiques bureaux virtuels comme EyeOS ou MyGoya et qu'on tombe sur l'austère Google Chrome difficile d'avoir le même effet "Waow" qu'avec Wave ! La comparaison est cruelle même si le Chromium que j'ai testé, version opensource, est beaucoup moins beau que la version définitive qui ressemblera à ceci :
Sur le fond, il ne s'agit ni plus ni moins pour l'instant qu'une compilation de tous les services Google réunis dans une interface quelque peu poussive qui ne prend son sens que dans un... ultraportable ! J'insiste sur ce point : Google Chrome n'est pour l'heure absolument pas comparable à Windows Seven, Snow Leopard ou Ubuntu qui sont eux, de véritables OS complets. Actuellement, impossible de regarder un DIVX, pour écouter un MP3, il ne vous reste plus qu'à aller sur le site de Google, "Lala"...
ah mais non ! "Lala" est réservé aux utilisateurs américains. C'est bête hein...
MAIS QUE SE PASSE-T-IL ?
Vous devez probablement vous dire à ce niveau de ma critique que j'ai détesté Chrome OS, pourtant ce n'est pas le cas. Comme je le disais plus haut, Chrome est parfait si vous décidez d'acheter un "ordinateur" à 300 euros car effectivement il a tout ce qu'il faut pour en faire un excellent terminal informatique (lire ses mails, surfer etc). Je me verrais bien acheter un MacBook Air écrire mon roman dessus lorsque je suis en déplacement (après avoir déposé un copyright on ne sait jamais avec Google !).
Le temps va jouer en faveur de ce système d'exploitation qui va être de plus en plus complet d'ici la fin 2010, date de sa sortie publique. Mais on ne peut qu'être dubitatif devant le buzz orchestré par Google tant la voie choisie est criticable ("Ou sont les softs ? Avec leurs gestes plein de chaaaaaaarme !) et surtout peu excitante...
Apple et Microsoft peuvent dormir sur leurs deux oreilles...

